Quelles espèces cassent la graine ensemble ?

Pour le moment les températures ont été plutôt clémentes et les oiseaux se sont faits discrets dans les jardins. Mais l’heure de BirdLab a sonné ! Depuis aujourd’hui, l’onglet participez de l’application pour mobile et tablette est à nouveau activé. Vos deux mangeoires expérimentales sont-elles prêtes ?

Que disent les données ?

Question résultats, si les chercheurs Carmen Bessa-Gomes et François Chiron d’AgroParisTech ont montré que l’agriculture en milieu péri-urbain profite à la diversité en espèces d’oiseaux sur les mangeoires, il semble aussi que selon le type de mangeoires utilisées (suspendues ou plateaux), les oiseaux interagissent différemment.

Qui est avec qui sur les mangeoires ?

Les deux graphiques ci-contre le montrent. Chaque rond correspond en effet à une espèce et chaque trait reliant ces ronds correspond à leur observation sur la même mangeoire. Plus les lettres sont écrites en gros, plus les oiseaux de cette espèce ont été observés. Et plus les traits sont épais plus les espèces ont été souvent vues ensemble lors des protocoles.

schema-ocurrence1_0

Les espèces vues ensemble sur les mangeoires plateaux

La forme de la mangeoire influence le comportement de nourrissage des oiseaux
Qu’est-ce qui frappe ? La régularité des relations entre les espèces sur les mangeoires suspendues. Toutes les espèces d’oiseaux semblent « à égalité pour se nourrir ». Elles viennent les unes après les autres.

schema-ocurrence1_0

Les espèces vues ensemble sur les mangeoires suspendues

Moins d’égalité sur les mangeoires plateaux

Alors que sur les mangeoires plateaux, certaines espèces s’alimentent ensemble plus fréquemment. Les habituées sont bien évidemment les mésanges bleues (Cya cae sur le graphique) et les mésanges charbonnières (Par maj). Mais on remarque que certaines espèces ne partagent jamais la même mangeoire. C’est le cas du troglodyte mignon (Tro tro), très rarement observé, qui parfois ose s’aventurer sur un plateau en compagnie de l’accenteur mouchet et du rouge-gorge.

En ville, les oiseaux sont ouverts à la nouveauté

Cela donne envie d’en savoir plus, non ? Pour ma part, je me demande si certaines espèces seraient des indicatrices pour les autres. En attendant, j’ai trouvé un article scientifique (en anglais) qui montre que les oiseaux des milieux urbains – et notamment la mésange charbonnière – sont beaucoup plus curieux face à une mangeoire originale que les oiseaux de la campagne.

Les perruches aux mangeoires

srep28575-f3-article153

© Urbanization affects neophilia and risk-taking at bird-feeders, Scientific reports

L’objet « original » placé sur la mangeoire de cette expérience m’a fait penser à une perruche à collier. La perruche est absente des villes polonaises – c’est là où les expériences précédentes ont eu lieu – mais elle est bien présente dans la région parisienne. J’informe donc les joueurs de BirdLab observant des perruches sur leurs mangeoires que l’espèce s’accapare la nourriture plus facilement que les autres – nous l’avons observé sur nos mangeoires installées près de nos bureaux au Muséum national d’Histoire naturelle.

Lisa Garnier
article original publié lundi 14 novembre 2016 sur le blog de Vigie-Nature