Hiver 2016-2017 : moins de visites aux mangeoires BirdLab !

En région parisienne, les oiseaux ne se pressent pas sur les mangeoires BirdLab. C’est à peine si j’ai pu observer quelques mésanges huppées. Alors que l’année dernière, les mésanges noires étaient nombreuses avec un ballet incessant de bleues et de charbonnières.

Vrai ou faux ?

Les deux chercheurs d’AgroParisTech, Carmen Bessa-Gomes et François Chiron, ont voulu savoir si cette impression se vérifiait chez d’autres joueurs de BirdLab. Parce que parfois, ce que l’on peut observer et croire comme véridique ne l’est pas ! Ou peut être valable seulement pour un lieu précis.

Carte de répartition des participants à BirdLab
Chez quels observateurs ?

Ils ont recherché les joueurs ayant participé lors de l’hiver 2015-16 et lors de l’hiver 2016-17. Une soixantaine environ. Ces participants sont répartis sur, à peu près, tout le territoire métropolitain. Un certain nombre habite l’Île-de-France.

Quelles espèces ?

« Nous avons tenu compte des biais possibles. Comme le début de la saison, l’heure à laquelle les personnes ont participé » m’a expliqué François. « Et puis, nous nous sommes concentrés sur 15 espèces qui ont pu être observées plus de 600 fois sur les mangeoires, ce qui représente en moyenne 10 visites de mangeoire par la même espèce. »

Onze espèces d’oiseaux sur quinze sont moins présentes cette année !

Et le résultat est là : oui, « grâce aux observateurs fidèles, on a pu montrer une diminution du nombre de visites d’oiseaux sur les mangeoires cette année. Elle est identique à l’hiver 2014-2015. Et cela est vrai pour 11 des espèces de l’étude BirdLab !

Nombre et variation des visites de 15 espèces d’oiseaux de BirdLab avec plus de 600 visites. NS : Non significatif.

En particulier la sitelle torchepot et la mésange nonette. La baisse de leurs effectifs confirme une tendance déjà observée depuis 2014. Une seule espèce s’est montrée plus présente : le merle noir ». Les deux chercheurs n’expliquent pas pourquoi le merle s’est plus laissé convaincre par les mangeoires BirdLab cette année.

Mais ce n’est pas tout à fait vrai au nord !

Un autre résultat important : « selon la latitude, la variation du nombre d’oiseaux sur les mangeoires est différente » a enchaîné Carmen. « La baisse du nombre de visites est moins importante dans le nord de la France qu’au sud ».

Les oiseaux foncent sur les mangeoires plus rapidement au nord

« D’ailleurs, nous avons aussi observé que les oiseaux arrivent plus précocement sur les mangeoires du nord. Il y a un décalage au cours de la saison de l’observation des oiseaux selon si on habitude au nord ou au sud. »

Vrai pour les verdiers, les pinsons et les mésanges noires

« Ces observations sont notamment vraies pour les verdiers, les pinsons et les mésanges noires » a poursuivi François. « On suppose que les conditions climatiques n’ont pas été très rudes et que les oiseaux sont restés dans leur région d’hivernage habituelle (nord de la France et de l’Europe). La mésange noire semble ne pas avoir effectuée « d’invasions » comme c’est le cas certaines années aux hivers rigoureux ». En passant relire « La mésange qui jongle entre conifères et mangeoires« .

Pas besoin d’aller picorer aux mangeoires dans le sud

« Il est aussi possible que les populations locales d’oiseaux n’aient pas eu besoin d’un supplément de ressources dans le sud et que les oiseaux se soient peu approchés des jardins. Par exemple, le merle noir et l’accenteur mouchet, qui sont des espèces sédentaires, y ont été moins observés. Mais attention, tout cela n’est qu’hypothèses ! C’est assez spéculatif ».

Le vrai du faux à confirmer

J’attends donc avec impatience les résultats du comptage de Oiseaux des Jardins du week-end du 28-29 janvier 2017 qui va peut-être nous confirmer ces observations ! Rendez-vous à la fin du mois de mars !

En attendant, BirdLab still goes on ! Le 31 mars, c’est fini. Alors continuez de jouer et merci à tous nos fidèles observateurs !

Lisa Garnier
article original publié le 6 mars 2017 sur le blog de Vigie-Nature